Transat façon shaker / Transatlantik wie in einem Shaker

January 7, 2017

navigation à voile

 

C’est le 13 Décembre 2016 à 9h qu’a commencé une nouvelle aventure, celle de la traversée de l’océan Atlantique. Mindelo devenait de plus en plus petite alors que les vagues croisées du canal Sao Vincente secouaient Isolablue de tous les côtés. Nous étions heureux et prêts pour le départ, heureux d’avoir visité les magnifiques îles du Cap-Vert et rencontré ses habitants. Le soleil du matin était déjà très chaud et le vent modéré pour le célèbre effet venturi entre Sao Vincente et Sao Antao. Nous avons vu plusieurs voiliers à l'horizon et je me demandais où le voyage allait les mener. Il y avait entre 15 et 20 nœuds de vent et Isolablue avançait confortablement.

 

Les quarts de nuit ont été divisés comme suit: 21:00 - 24:00, 24:00 - 03:00, 03:00 - 06h00. A 6 heures du matin commençait le premier quart et au cours de la journée nous récupérions en fonction de notre fatigue. Pendant les quarts on observe le ciel, la mer, on règle les voiles en fonction, du vent on tâche de suive la route prévue et on scrute l’horizon à la recherche d’autres navires. Chaque fois que je réveillais Lolo pour me remplacer, je lui donnais soit un baiser de bonne nuit soit un de belle journée !

 

Au deuxième jour déjà, la mer est devenue sauvage et Isolablue dansait un rock n'roll tandis que le vent gonflait ses voiles. Avec des vitesses de pointe de plus de 11 noeuds dans les surfs, nous avons très bien progressé et Isolablue a fièrement parcouru 170-180 miles par jour avec une vitesse moyenne de 7 - 7,3 noeuds. Nous étions secoués par la mer autour sans pitié, nous déplaçant d'un pas incertain sur le pont comme vous terriens au sortir d’une soirée bien arrosée. La mer nous crachait régulièrement des paquets d'eau salée dans le cockpit et je pratiquais le saut en longueur pour éviter d’être aspergée !

 

Les prévisions météorologiques étaient correctes, vent soutenu de 15 à 35 noeuds et vagues de 3 à 5 mètres avec un risque d'orage à l’approche des Antilles. Par contre nous n’attendions pas ces terribles vagues croisées qui durèrent toute la traversée. Nous devions garder nos tasses à café en main et prendre le petit déjeuner au bar dans le salon.

 

En alternance, nous avions une déferlante sur l’arrière qui roule entre les coques du catamaran et vient les frapper l’une après l’autre puis cogne sous la nacelle avant de finir en lessiveuse bouillonnante entre les étraves, puis la vague suivante vient cogner violemment, rugissant par le travers nous envoyant des paquets de mer. Sous ces assauts incessants et répétés, Isolablue craque, gémit et hurle, offrant à l’intérieur un vacarme assourdissant aux sons inquiétants. On avait l’impression que les coques allaient exploser et voler en éclats sous la violence des chocs.. Ce fut un défi pour notre bateau et pour nous. On imagine toujours un voilier glissant silencieusement sur l’eau poussé par le vent. No way! Le silence ici n’est rien. Lolo, tel un médecin au chevet de son patient, était à l’écoute, cherchant les sources sonores afin de s’assurer qu’elles ne proviennent d’aucun problème de casse ou technique. Et tous nous entendions des voix pendant la nuit, impression étrange, seuls au milieu de l’océan d’entendre parler une foule. Juré on a pas forcé sur l’apéro ! Pour un concepteur sonore du cinéma, ce serait un véritable paradis !

Après 7,5 jours, nous avions parcouru la moitié du chemin (1.150 sur un total de 2.300) et donc c’ était le jour du Cassoulet. Les hommes rêvaient déjà à Mindelo de cette spécialité culinaire française comme une célébration. Pas nécessairement un repas léger avec une bouteille de vin rouge, mais un réel plaisir de partager cela sur la mer ouverte qui nous offre un moment de répit. Puis j’ai regardé sur l'I-Pad les miles nautiques restants à parcourir dans ce bleu infini et n’ai pu réprimer un soupir.

Un gros nuage vient rincer Isolablue à l’eau douce et c’est reparti pour un tour, les crêtes des vagues déferlent à nouveau et le vacarme reprend ! 

 

Dans l’ensemble, le ciel a été clément pendant toute la traversée. Chaque matin le soleil nous réchauffait des ses rayons parfois pâles, parfois ardents colorant les nuages ​​à l'horizon en rose kitsch et orange. Les nuits étaient douces également.

Le 24 au soir nous avons décidé d’affaler la grand-voile, le ciel se chargeant de grains menaçants et de ne garder que le génois afin de célébrer Noël tranquillement. Evidemment par 27 degrés de température ambiante Mitch déguisé en père Noèl a bien transpiré et nous a beaucoup fait rire. Merci Jean-Pierre pour cet excellent bœuf bourguignon que nous avons accompagné d’une purée de pommes de terre, un bouteille de vin rouge, puis un gâteau banane-mangue.

Après Noël, la vitesse moyenne a chuté à 5,5, noeuds ralentissant notre allure. Le rugissement et le martelage des vagues a été remplacé par une belle ondulation de l’eau qui soulageait nos corps et notre monture. Nous avons vu le premier bateau sur l’AIS et réalisions que nous approchions de la civilisation.

 

Le 27 Décembre, à 17 heures, les contours de la Martinique se découpent à l’horizon, nous emplissant d’une grande joie et marquant la fin de notre périple à travers l’océan. Ce fut une expérience unique et très instructive pour moi qui en porterait encore longtemps le souvenir.

Ce voyage fut aussi intérieur et j'ai appris beaucoup sur moi-même.

Enfant, je n’ai jamais rêvé de traverser l’atlantique et ai toujours pensé que seuls des aventuriers exceptionnels pouvaient le faire. Il n’en est rien et je suis heureuse d’avoir fait cette expérience sur mon propre bateau.

 

A deux heures du matin, heureux, nous laissons tomber l'ancre dans la grande anse d’Arlet et ouvrons un bouteille de rosé bien frais pour célébrer puis écrasés de fatigue nous sombrons dans un sommeil au calme bien mérité. Quel plaisir au matin de nous baigner dans une eau chaude et limpide, le corps reposé.

 

Trajet en ligne droite : 2080 miles nautiques.

Trajet parcouru  : 2’316 miles nautiques.

 

 

pêche

 

A peine les voiles hissées, que Mitch, notre compagnon de traversée, révélant sa nature de grand prédateur marin, son objectif était de nous ramener un thon de 40 kg, jette déjà deux lignes de traines étaient à l’eau. En quelques heures à peine, il avait déjà attrapé une belle dorade coryphène. Le temps pour lui de la vider et l’écailler que déjà une deuxième se prend sur l’autre ligne. Il en fut ainsi pendant la moitié de la traversée, chaque jour nous avions notre dose de protéines. Et j’ai pu alterner les recettes, au four avec patates, poivrons, oignons, ail et vin blanc, crue à la tahitienne, en petits morceaux panés ou tout simplement en filet poêlé sur la peau.

Mitch passait des heures à confectionner ses leurres dont beaucoup étaient simplement emportés par des poissons bien vigoureux. Puis en milieu de traversée la chance a tourné et pendant plusieurs jours la pêche n’a rien donné. On a vu de noirs nuages assombrir la bonne humeur de notre pêcheur qui marmonnait dans sa barbe. Parfois il passait aussi de longues heures à démêler les lignes. Enfin la chance revient et le sourire de Mitch réapparait, nous finissons la traversée avec un score de 10 dorades attrapées contre 9 leurres perdus. Ouf, il s’en est fallu de peu ! 

Chaque jour nous avions également notre récolte de poissons volants échoués sur le pont ou les trampolines d’Isolablue. Pendant les quarts de nuit je les remettais à l’eau avec un seau, une latte de bois ou les gants de cuisine. Quelle puanteur, surtout ceux qui ont atterris dans l’annexe et y ont séchés pendant plusieurs jours ! Nous avons même trouvé des petits poissons volants d’à peine un centimètre que Mitch s’est amusé à faire sécher.

 

 

nuits

 

Les veilles sur Isolablue ont été mon point culminant lors de la traversée et cela peut être addictif. Seule sur le pont je méditais vraiment sur tout et mes pensées volaient de tous les côtés, accompagnée dans mon coeur par les gens que j’aime à travers ce voyage initiatique sur l’océan Atlantique.

Nous sommes partis du Cap Vert avec la pleine lune qui a éclairé nos nuits au début du voyage, les vagues se brisaient en reflet d’argent sur l’eau noire, les étoiles infinies qu’on pouvait presque attraper, la voix lactée lumineuse et les étoiles filantes que j’accompagnais de mes voeux, pour arriver en Martinique par un ciel sans lune dans un noir total, renforcé par les nombreux nuages de grains tropicaux qui se succédaient sur nos têtes. 

 

En fait, on dort normalement très bien sur un voilier. Mais au début de la transat nous avions tellement de bruit à l’intérieur, nous étions tellement secoués que trouver le sommeil était chose difficile. Puis avec la fatigue accumulée des premiers jours, il ne me fallait ensuite que quelques minutes pour sombrer au passage du marchand de sable et ce malgré les coups de marteau incessants, le grondement des vagues et le hurlement du vent dans la mâture. C’est tout de même bien fatigués que nous mouillons de nuit à la Martinique et il a fallut plusieurs jours pour s’en remettre.

 

 

nourriture

 

Faire la cuisine s’est avéré être un exercice de style, à titre de comparaison, imaginez un cow-boy  montant un taureau de rodéo avec ses casseroles pour faire à manger. J'ai appris à jongler avec les oignons, les pommes de terre, les carottes, l’ail et l'aubergine, tenant dans une main un couteau bien aiguisé avec lequel j'épluchais les légumes en dés de petite taille et de l’autre main retenir ceux sur le plan de travail pour éviter qu’ils s’envolent à travers le carré (d’ailleurs, pourquoi ces fruits et légumes sont ils tous de forme ronde, je milite désormais pour les tomates et aubergines carrées!). La troisième main grillait le poisson dans la poêle et avec la quatrième je me tenais quelque part pour ne pas être éjectée de la cuisine. La cinquième main, elle, servait à retenir les casseroles fumantes évitant ainsi de m’ébouillanter. Ok ça fait beaucoup de main, mais ce voyage m’a vraiment transformé!

 

Enfin tout cela en valait la peine parce que nous avons eu chaque jour des bons petits plats, du pain frais et de nombreux cakes salés ou sucrés qui disparaissaient très vite. Rien de mieux pour nous garder de bonne humeur ! Cassoulet, choucroute, boeuf bourguignon, gratin de pommes de terre et saucisses, plats asiatiques, nouilles et bien sûr coryphène à toutes les sauces.

 

temps

 

La différence de temps entre des îles du Cap-Vert et les  Antilles est de trois heures.. Tous les 15 degrés de longitude, ou environ 700 miles nous retardions l’horloge du bord d’une heure. Notre quotidien était rythmé par le cycle naturel du soleil. De cette façon, nous sommes arrivés sans souffrir du décalage horaire puisque nous nous sommes adaptés en cours de route. Peut être est-ce la solution pour les hommes d’affaire stressés qui souhaite arriver à leur réunions importantes sans fatigue, quoique un peu secoués quand même !

 

 

loisir

 

Contrairement à ce que l’on peut penser, naviguer pendant plusieurs semaines n’a rien d’ennuyeux.  Après le petit déjeuner, chacun allait à ses activités. Lolo jouait de la guitare, apportant une atmosphère de plaisir dans notre groupe, s’occupait du réglage des voiles et des niveaux d’énergie à bord ainsi qu’à l’identification de tout les bruits suspects. J'ai fait de la couture, écrit mon journal, tenu celui du bord ou cuisiné. Mitch montait de nouveaux leurres pour la pêche et s’est lancé dans la fabrication d’une nasse à poissons et crustacés. Plus nous nous approchions des Caraïbes plus l’ambiance à bord était bonne.

Nous nous douchions tous les deux jours sur le pont arrière à l'eau de mer avec rinçage à l’eau douce en finition.  Quel plaisir de sentir à nouveau le savon!  Mitch s’occupait de faire la vaisselle après chaque repas.

Nous avons vu plusieurs fois des dauphins passer sous le bateau ou à coté mais sinon pas d’autres animaux marins. Les conditions de mer n’étant pas propices à l’observation.

 

 

 

Segeln

 

Am 13. Dezember 2016 war es soweit, gegen 9 Uhr morgens fing unser Abenteuer der Atlantiküberquerung an. Mindelo wurde immer kleiner und die gekreuzten Wellen im Sao Vincente Kanal schaukelte Isolablue auf alle Seiten. Wir waren glücklich und bereit für die Abfahrt, froh die wunderbaren Kapverdischen Inseln besucht und die Bevölkerung zum Teil kennen gelernt zu haben. Die Morgensonne war bereits sehr warm und der Wind war moderiert für den berühmten Düseneffekte zwischen Sao Vincente und Sao Antao. Mehrere Segelschiffe waren am Horizont erkennbar und ich fragte mich wohin wohl die Reise bei denen geht. Wir hatten zwischen 15 und 20 Knoten Wind und Isolablue ging gemütlich voran.

 

Die Nachtschichten wurden wie folgt aufgeteilt: 21:00 - 24:00, 24:00 - 03:00, 03:00 - 06:00, von 6 Uhr Morgens begann wieder der erste mit der Wache und während dem Tag erholen wir uns je nach Müdigkeit. Die Wache hatte die Aufgabe, den Kurs, das Wetter, die Segelstellung und andere Schiffe zu beobachten. Jedes Mal, wenn ich Lolo weckte und ihm einen Kuss gab, war dies ein Gute-Nacht-Kuss für den einen und ein Guten-Morgen-Kuss für den andern.

 

Bereits am zweiten Tag wurde das Meer wild und Isolablue tanzte einen Rock n’Roll während der Wind ihr in die Segel fegte. Mit Spitzengeschwindigkeiten von über 11 Knoten beim Surfen kamen wir sehr gut voran und Isolablue brachte stolze 170 - 180 Seemeilen pro Tag hinter sich mit einer Durchschnittsgeschwindigkeit von 7 - 7.3 Knoten. Wir wurden ohne Gnade vom Meer herum geschaukelt und bewegten uns mit unsicheren Schritten auf der Isolablue, wie bei Landsleuten nach einem heiteren Abend. Das Meer spuckte regelmässig Salzwasser ins Cockpit und ich übte mich beim Weitspringen um nicht bespritzt zu werden.

Die Wettervorhersagen waren korrekt, der Wind blieb stark bei 15 bis 35 Knoten, die Wellen geformt von 3 bis 5 Metern, sogar mit einer Gewittergefahr vor den Antillen. Hingegen zählten wir nicht mit diesen scheusslichen gekreuzten Wellen, welche bis zum Schluss anhielten. Wir mussten die Kaffeetassen fest in den Händen halten und an der Bar im Salon frühstücken.

Abwechselnd hatten wir eine Brandungswelle von der Rückseite, die sich zwischen den Rümpfen des Katamarans mit furchtbarem Getöse rollte und eine nach der anderen aufschlug, dann sprudelte das Meerwasser unter dem Bug wie eine Waschmaschine, bevor vor die nächste Welle wieder heftig anklopfte. Brüllend spuckte das Meer uns Eimerweise Wasser an Deck. Unter diesen unaufhörlichen und wiederholten Angriffen, knarrte, stöhnte und jammerte Isolablue, welche im Inneren des Katamarans einem ohrenbetäubenden Lärm und knackende Geräusche hervorbrachte. Die Segel pfiffen und schlugen aus wenn wir zu steil vor dem Wind waren.  Es kam mir vor als ob alle Holzplatten brechen und der Rumpf zersplittern würde. Dies war wirklich eine Herausforderung für unser Boot sowie für uns. Segeln, denkt man gemeinhin, ist doch das lautlose Gleiten übers Wasser mit Hilfe des Windes. Denkste! Lautlos ist hier gar nichts. Wie ein Arzt, über das Krankenbett seines Patienten gebückt, horchte Lolo jedes neue Geräusch um sicherzustellen, dass kein technisches Problem eintrat. Wir alle hörten Stimmen in der Nacht, seltsames Geflüster von unbekannten Leuten mitten auf dem Ozean. Doch, doch ich versichere Euch, dass wir sehr moderierte Aperitifs gehabt hatten. Für einen Sound-Designer vom Film, wäre das hier das wahre Paradies!

 

Nach 7.5 Tagen hatten wir die Hälfte der Seemeilen hinter uns (1’150 von insgesamt 2’300) und somit war dies der Cassoulet-Tag. Die Männer träumten bereits in Mindelo von dieser französischen Speisespezialität als Feiergericht. Nicht unbedingt ein leichtes Mahl, zusammen mit einer Rotweinflasche jedoch sehr gemütlich und ein wahrer Genuss dies auf dem offenen Meer zu teilen und uns eine Ruhepause zu gönnen. Ich verglich auf dem I-Pad die hinterlegten Seemeilen mit der unendlichen uns noch bevorstehenden Strecke und konnte einen Seufzer nicht unterdrücken.

 

Kurze Regenschauer nässten das Cockpit mit Süsswasser und dann kamen wieder die Meeresbrandungen, welche an Isolablue schlugen, um alles zu versalzen. Auch wenn generell der Passatwind regelmässig von Osten her fegte, gab es hin und wieder wechselhafte Windstösse und wir mussten die Segelsetzung neu anpassen. Das Schöne jeden Morgen war der Sonnenaufgang. An einigen Tagen eher blass an andern färbten sich die Wolken am Horizont in kitschigem Rosa und Orange. Gleichzeitig kamen auch die Sonnenstrahlen und brachten angenehme Wärme mit sich, welche am Nachmittag eher als heiss empfunden wurde. Ausser einem bewölkten Tag, einigen Wolken und etwas Dunst am Horizont hatten wir heiteres Wetter. Auch während den Nächten war es warm, jedoch feuchter und die Jacke wurde notwendig.

 

Wir entschieden am 24. Dezember das Grosssegel zu schoten und nur mit dem Genua voranzukommen, da regelmässig Gewitterwolken vorbeizogen und wir in Ruhe Weihnachten feiern wollten. Offensichtlich mit den 27 Grad Aussentemperatur, schwitzte Mitch unter seiner Verkleidung als Weihnachtsmann, brachte uns jedoch sehr zum lachen. Danke vielmals Jean-Pierre für dieses ausgezeichnete Boeuf Bourgignon, welches wir begleitet von Kartoffelstock, Rotwein und danach einen Bananen-Mango Kuchen genossen.

 

Nach Weihnachten sank die üblichen Durchschnittsgeschwindigkeit auf 5.5 Knoten und somit verlangsamte sich unser Reisezug gemächlich. Das Dröhnen und hämmernde Schlagen der Wellen wurde durch ein Plätschern und Schweifen durch das Wasser ersetzt. Wir erkannten das erste Boot auf AIS und  man merkte, dass wir Richtung Zivilisation steuerten.

 

Am 27. Dezember um 17 Uhr erkannten wir die Kontouren von Martinique. Eine grosse Freude erfüllte uns und wir waren froh, wieder Festland zu sehen. Gleichzeitig segelten wir dem Ende unserer Atlantik-Überquerung entgegen. Das war mit Gewissheit ein einmaliges Erlebnis und eine sehr lehrreiche Erfahrung für mich, welche ich noch sicherlich lange in Erinnerung tragen werde. 

Diese Überseereise war auch eine innere Reise und ich lernte viel über mich selbst.

 

Es war nie ein Kindeswunsch von mir den Atlantik zu überqueren, ich glaubte immer dies sei etwas für aussergewöhnliche Leute, war jedoch sehr glücklich dieses Abenteuer erleben zu dürfen und zudem noch auf meinem eigenen Schiff. 

 

Glücklich liessen wir den Anker um 2 Uhr morgens in der Grande Anse d’Arlet fallen und feierten unsere Ankunft mit der in der Kühltruhe wartende Rosé-Flasche. Erschöpft und müde genossen wir den wohlverdienten Schlaf. 

 

Man fühlte kaum ein Schaukeln und hatte das Gefühl auf der Wasseroberfläche zu schweben. Am nächsten Morgen sprangen wir ins angenehm warme und glasklare Wasser, paradiesisch! Was wollen wir mehr?

 

Isolablue hatte ganze 2’316 Seemeilen im Kielwasser gelassen, die direkte Strecke wäre 2’080 Seemeilen gewesen. 

 

 

Angeln

 

Mitch, unser Begleiter während der Überfahrt, hat auf dem Meer einen ausgeprägten Jagdinstinkt entwickelt. Frischfisch war das Ziel der Begierde. Insbesondere einen 40 kg schweren Thunfisch hatte er uns vor der Abreise versprochen. Kaum waren die Segel gesetzt, gingen dann auch sofort zwei Schleppangeln ausser Bord. Nur ja keine Minute verschenken! Und dann hiess es warten, bis eine hungrige Goldmakrele oder ein Thunfisch Appetit auf ein Häppchen zwischendurch habe. Schon bald danach hatte eine Goldmakrele angebissen. Mitch kümmerte sich um das Entschuppen des Fisches und da packte bereits ein zweiter an. Während der Hälfte der Überfahrt ging es so weiter und wir hatten ununterbrochen Proteinprovision. Dies ermöglichte mir die Fische auf vielerlei Arten vorzubereiten (im Ofen gebacken mit Kartoffeln, Peperoni und Zwiebeln, an einer Weinsauce, paniert, roh auf polynesische Art, mit einer Vinaigrette als Salat oder einfach in der Pfanne). Ein Schlemmer.  Mitch bastelte stundenlang an seinen Ködern, wobei mehrere von grösseren Fischen beim Angeln einfach mitgerissen wurden.

Die Männer hatten jedoch nicht immer Glück beim angeln und als wir die Hälfte des Parkurs hinter uns hatten verlies uns das Angelglück. Mehrmals hatte ich beobachtet, dass Mitch in seinen Bart brummelte und ein Eigengespräch führte. Er musste sicherlich in seinem Jagdfieber nach den Fischen geflucht haben welche sich befreit hatten. Es kam auch vor, dass sich die beiden Fischerleinen im Wasser verschlangen und er stundenlang mühselig versuchte die verzwirnten Nylonfäden auseinander zu bringen. Doch schlussendlich kam des Fischers Glück zurück und Mitch fand sein Lachen wieder. Wir beendeten die Überfahrt mit einem Punktscore von 10 gefangenen Goldmakrelen gegen 9 verlorene Köder. Das war knapp!

Jeden Tag hatten wir unsere Ernte an Fliegenden Fischen, welche auf dem Deck oder im Trampolin der Isolablue strandeten. Während der Nachtschicht versuchte ich diese mit einem Eimer Meerwasser, einer Holzlatte oder den Ofenhandschuhen wieder ins Meer zu schmeissen. Der Gestank war widerlich, vor allem diejenigen welche im Beiboot geschleudert wurden und während mehreren Tagen dort austrockneten. Wir fanden sogar winzig kleine fliegende Fische, nicht grösser als einen Zentimeter. Mitch amüsierte sich diese zu trocknen. 

 

 

Nachts

 

Die Nachtwachen auf der Isolablue waren mein Highlight während der Überfahrt und dies kann süchtig machen. Während der nächtlichen Stunden an Deck hat man wirklich die Möglichkeit zu meditieren und relativieren. Meine Gedanken flogen auf alle Seiten und ich dachte viel an die Leute welche mich in meinem Herzen auf dem Atlantik begleiteten.

 

Wir segelten mit dem Vollmond von den Kapverdischen Inseln ab, welcher hinter dem Mast hervor äugelte und dieser wurde immer kleiner während der Reise so dass man ihn gar nicht mehr sah bei unserer Ankunft in Martinique. Die Wellen zerbrachen das silberne Spiegelbild des Mondes im schwarzen Meerwasser, die Sterne glitzerten in voller Pracht und man hatte das Gefühl sie pflücken zu könnte. Es war ein reines Vergnügen das Spektakel der unendlichen Sterne der « Milchstrasse » zu bewundern. Mehrere Sternschnuppen fielen vom Himmel und ich hoffe alle meine Wünsche werden in Erfüllung gehen. Von Zeit zu Zeit bemerkte man im Schimmer der Positionslichter einen Seevogel über die Wellen gleiten ansonsten hatte es keine Seele weit und breit um Isolablue herum.

 

Eigentlich sollte es ja ganz einfach sein, auf einem segelnden Schiff zu schlafen. Denn nach drei durchsegelnden Nächten sollte man so müde, dass man im Prinzip umfallen und sofort schlafen könntest. Aber hier kommt das Wörtchen eigentlich. Denn zum Beginn unserer Reise hatten wir eine ordentliche Geräuschkulisse in den Kajüten, was das schlafen reichlich behinderte. Mit den Tagen akkumulierte sich die Müdigkeit und es benötigte nur einige Minuten bis der Sandmann mich besuchte und dies auch wider dem Hämmern und Poltern, sowie dem Gurgeln der Wellen und dem Heulen des Windes um den Mast.

 

 

Essen

 

Essen zu kochen war schon eine Geschicklichkeitsübung. Die Wellenschläge unter der Isolablue entsprachen denjenigen auf einem bockenden Rodeobullen. Genau so fing ich an zu jonglieren mit Zwiebeln, Kartoffeln, Möhren, Knoblauch, Auberginen usw… Dabei hielt ich in der einen Hand ein scharfes Messer, mit dem ich das Gemüse schälte und klein würfelte. Dann benötigte ich eine zweite Hand, um das Gemüse festzuhalten und dieses nicht von der Arbeitsplatte auf den Boden fällt (warum ist eigentlich das meiste Gemüse rund? Ich plädiere für quadratische Tomaten und Auberginen). Die dritte Hand brutzelte den Fisch in der Pfanne und mit der vierten Hand hielt ich mich irgendwo fest, um nicht durch die Küche geschleudert zu werden. Die fünfte Hand schnellt immer wieder zum Kochtopf, da ich das Gefühl hatte, der Topf mit kochendem Wasser kommt mir gleich entgegen geflogen. Es stimmt schon, das macht viele Hände doch diese Reise hat mich wirklich verändert!

 

Doch all die Mühe lohnte sich und wir hatten jeden Tag gastronomische Gerichte, frisches Brot und viele süsse und gesalzene Kuchen, welche schnell verschwanden. Nichts kann die Stimmung besser erheben als ein duftender Teller. Von Cassoulet, Sauerkraut, Boeuf Bourgignon, Kartoffelgratin und Würstchen, asiatische Nudelgerichte und natürlich Goldmakrelen mit allerlei Saucen. 

 

 

Zeit  

 

Der Zeitunterschied zwischen den Kapverden zu den Antillen beträgt drei Stunden. Alle 15 Längengrade oder ungefähr 700 Seemeilen stellten wir die Bordzeit um eine Stunde zurück. Unser Tagesablauf war daher während der ganzen Überquerung mit Sonnenauf- und Sonnenuntergang synchronisiert. Auf diese Weise schafften wir es ohne Jetlag in den Antillen anzukommen, da wir ja genügend Zeit hatten, uns an die Zeitverschiebung zu gewöhnen. Mit dem Boot über den Atlantik segeln ist damit wahrscheinlich eine Alternative für gestresste Manager, die ohne Jetlag und ausgeruht für wichtige Besprechungen ankommen wollen. 

 

 

Freizeit

 

Entgegen weitläufiger Meinungen wurde es uns nie langweilig. Nach dem Frühstück ging jeder seinen Tätigkeiten nach, Lolo spielte Gitarre, was eine heitere Stimmung in unsere Bande brachte, steuerte meistens Tags durch und war beschäftigt mit Segelanpassungen, Energieverbrauch kontrollieren und Geräusche-Suche, ich nähte, schrieb mein Tagebuch und Logbuch oder kochte, Mitch kreierte neue Tintenfischköder zum Fischen oder bastelte an seinem Fischerkäfig, Je näher wir der Karibik kamen umso heiterer wurde die Stimmung an Bord. 

Wir duschten uns alle zwei Tage am Hinterdeck mit Meerwasser und benutzten nur etwas Süsswasser um die Reinigung zu beenden, das tat wirklich gut wieder nach Seife zu riechen. Mitch wusch genau so das Geschirr am Hinterdeck.

Mehrere Male sahen wir Delfinbanden die unter der Isolablue hervor tauchten und dann fröhlich in die Luft schweiften. Sie waren meistens auf Jagt, denn schon bald sahen wir nur noch die Hinterflossen von weitem.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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